Moto Guzzi V7 Classic: Pour les nostalgiques

C'est un hommage aux modèles mythiques des années 70 de Moto Guzzi : la tourer V7 Special et la supersportive V7 Sport. Avec un caractère plus facile que ses prédécesseurs et un design plus sophistiqué, la V7 Classic va séduire les amoureux de l'esthétisme à l'état pur.

Correcte sur tous les aspects, la Moto Guzzi V7 Classic n'est pas une supersportive de hautes performances mais une Roadster tranquille, stable, légère et solide.

Le petit moteur en V à 90º de 744 cc, délivre 48 petits chevaux à 6800 tours, et libère un doux ronron, typique des Guzzi.

Esthétiquement un double disque avant aurait été apprécié, mais les performances de l'étrier Brembo de 4 pistons sont plus que suffisantes.

Nostalgie, quand tu nous tiens !


Destinée à exalter cette indéniable nostalgie, la V7 Classic est tout simplement parfaite. Les culasses et cylindres refroidis par air ressortent de part et d'autre du réservoir avec une forme, un graphisme et une peinture blanche traditionnels.

Les designers de Guzzi ont adopté un style très rétro ; avec son phare arrondi et chromé, le double amortisseur arrière et les jantes à rayons, la V7 nous fait retomber dans les années 70. Mais elle est très différente que les Guzzi de l'époque qui étaient des supersportives.

La Classic d'aujourd'hui est bien plus humble et économique. C'est une roadster crée pour les motards qui souhaitent se rappeler les anciennes Guzzi ou, simplement, pour ceux qui apprécie le design traditionnel. Elle s'inspire de deux modèles en particulier : la V7 Special de 757 cc, qui a popularisé les tourers V-twin de Guzzi à la fin des années 60, et la V7 Sport de couleur vert clair, qui a apporté performances et agilité à la gamme en 1971. Cependant, la V7 n'a pas le frein tambour de celle-ci, ni les demi-guidons, ni la peinture verte.

La nouvelle Classic est légère, avec ses 182 kg à sec et sur la selle double assez basse, n'importe qui peut avoir les pieds bien au sol.

Patrimoine de la Breva


La V7 est une version redessinée de la Breva 750, qui a marqué, il y a cinq ans, le début d'une nouvelle ère de bicylindre en V plus sophistiqués, injectés et catalysés. Le moteur transversal V-twin à 90º, de 744 cc, refroidi par air, est équipé de culasses Heron, de deux soupapes, et délivre une puissance maximum de 48 ch à 6800 tr/min. Cependant, on remarque de petites différences avec le moteur de la Breva : le système d'échappement double, et les finitions noires des couvercles du carter.

La V7 a aussi hérité du châssis de la Breva avec le même bras oscillant de tube d'acier et une fourche Marzocchi non réglable de 40 mm. Les amortisseurs inclinés Sachs confèrent à la moto un aspect rétro qui se marie bien avec les jantes à rayons, hérités de la Nevada 750.

Le seul détail qui ne colle pas avec le style vintage de la moto est le disque frontal de 320 mm car dans les années 70 Guzzi est passé presque directement du frein tambour au double disque. Mais quoi qu'il en soit, la Classic a un look authentique et séduisant, même pour ceux qui n'ont jamais vu une ancienne Moto Guzzi.


Une conduite facile et agréable


Cette moto est très facile à conduire. Lorsque j'ai pressé le bouton de démarrage, le moteur s'est allumé instantanément. L'embrayage mono disque était léger et la boîte de vitesses à cinq rapports s'est également actionnée sans effort lorsque je suis sorti de notre hôtel, au bord du lac de Côme à Mandello.

Notre périple a commencé par un tronçon de nationale et au début j'ai un peu été déçu par la Classic. J'avais lu le dossier de presse et j'étais familiarisé avec les origines et le public potentiel de ce modèle. Mais, dans les années 70, lorsque j'étais adolescent, j'avais pas mal lu sur les sportives exotiques de Guzzi qui avançaient comme des flèches sur ces mêmes routes, au bord du lac. Aujourd'hui, trois décennies plus tard, ces performances et émotions m'ont manqués. La Classic n'a rien à voir avec ce type de motos. Même si la Classic a 37 ans de moins que la V7 Sport, elle délivre moins de puissance que celle-ci.

Alors que nous suivions le conducteur guide de Guzzi jusqu'à la jolie commune de Bellagio, la Classic se comportait exactement comme elle était supposée le faire : silencieuse, obéissante, douce, agréable et répondant avec précision grâce au système d'injection Marelli.

Réponse à mi-régimes


Bien que la Classic manque de puissance par rapport à certains de ses prédécesseurs, elle offre un couple généreux et plus sophistiqué. Les premières 750 de Guzzi, la V7 Sport et la 750 S3 délivraient de bonnes performances en hauts régimes.

La Classic, elle, a déjà un bon caractère en dessous des 2000 tr/min dans les rapports les plus bas. A partir de 3500 tr/min, elle pousse fort jusqu'à 7800 tr/min. A 7800 tr/min on commence à ressentir des vibrations sur les repose-pieds, mais avec la force de la Classic à mi-régime nous avons rarement besoin de monter aussi haut dans les tours.

Sur le tronçon de nationale que nous avons parcouru, la Guzzi s'est élancée joyeusement à 140 km/h en cinquième. Si le tronçon avait été plus long nous aurions sans aucun doute atteint les 180 km/h. En effet, la position de conduite nous invite à rechercher le maximum de vitesse. Malheureusement, nous n'avons pas eu le temps de le tester car nous sommes vite arrivés dans les hautes collines alpines, sur des routes en pente et sinueuses, parfaites pour tester le bras oscillant traditionnel de la Classic.

Ce châssis d'acier tubulaire a bien fonctionné sur la Breva 750 et Guzzi à laissé la même suspension pour la simple et pure raison qu'elle offre un bon rapport entre confort et stabilité.

Agile et confortable


Cette moto est équipée d'une jante avant de 18" contre les 17" de la Breva. La direction répond à n'importe quelle impulsion sur le guidon grâce à la légèreté et les géométries raisonnablement sportives. Le système de transmission par cardan caractéristique de Guzzi ne s'interposait pas sur la conduite et les amortisseurs réglables en précharge se démenaient bien sur les routes de montagne.

La Classic dispose aussi d'une bonne garde au sol et les pneumatiques Metzeler Lasertec sont étroits mais offrent une adhérence suffisante pour en profiter. Le grand disque frontal sort un peu du style rétro mais son étrier Brembo de 4 pistons est solide.

La moto est adaptée à une utilisation quotidienne mais peut aussi être utilisée pour des promenades sur routes secondaires (le réservoir de 17 litres offre une bonne autonomie). Elle présente un bon confort même si la selle semble un peu étroite au fur et à mesure que défilent les heures et les km.

En fin d'après midi une tempête nous est tombée dessus. Le matin suivant, alors que la pluie s'était calmée, ma jambe gauche était toute mouillée à cause de l'eau imbibée dans la couture de la selle...au style année 70 ! Un autre détail classique indésirable : sur plusieurs motos les voyants de l'injection se sont allumés sans raison apparente...

Rétro en toute humilité


Moto Guzzi a réussi à donner du caractère au vieux style de la V7 Classic, ainsi qu'un niveau de performance respectable et accessible. La Classic est humble, agréable, tout à fait adapté pour les débutants et les nostalgiques qui apprécieront son aspect traditionnel et rétro.



Roland Brown
Photos: Milagro
Adaptation: Laura Bartolomé
Traduit et adapté par Gaela Le Janne

20/04/2010
 

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