Ducati Monster 1100 EVO. Une histoire interminable...

Miguel Angel Galuzzi a dessiné la première Ducati Monster il y a plus de vingt ans, en se basant sur le cadre multitubulaire de la Ducati 851, et en ajoutant des suspensions raccourcies et le phare de la Ducati Darmah, qu'il a repêché dans la vieille usine de Borgo Panigale...

Familière

A chaque fois que je conduis une Monster, elle me semble familière même si c'est une moto à la personnalité marquée et avec une position de conduite un peu particulière.

Sur cette Evo, le guidon est excessivement large, et on l'a élevé de 20 mm par rapport aux précédentes 1100. Les pédales laissent les jambes légèrement pliées. Ergonomiquement, elle est bien conçue et on atteint facilement le sol avec les pieds. Depuis la petite selle, avec un bouchon à la place du passager, on voit bien le tableau de bord, qui expose un grand nombre d'informations. On y accède grâce au bouton de gauche sur la manette. Les chiffres sont un peu petits, et il faut se concentrer pour pouvoir les lire en marche.

L'embrayage baigné dans l'huile est doux et progressif, et facilite le démarrage -avec l'embrayage à sec c'est plus délicat. Le tact du changement de vitesse est correct, bien qu'un peu dur au moment de passer les vitesses dans une conduite sportive.

L'ajout du Safety Pack optionnel (contrôle de traction DTC et ABS) élève la Monster à un niveau supérieur, même si les précédentes 1100 disposaient déjà d'un système de freinage avec ABS en option. Le contrôle de traction propose quatre niveaux différents. Le premier est à peine perceptible et les suivants agissent en fonction du niveau d'adhérence. Je crois que le DTC est utile dans les cas extrêmes, comme sur asphalte mouillé ou avec des taches d'humidité. Il sera également appréciable dans les rond-points. Si vous avez connecté le DTC, il agit efficacement sur surfaces très glissantes. Heureusement, il est possible de le déconnecter pour sentir les sensations de l'authentique Monster sans électronique, sur un asphalte de bonne adhérence. Le comportement de cette bruyante moto à moteur bicylindres est brillant surtout à moyen régime, et surtout entre 4000 et 7000 tr/min. Elle est très divertissante dans les virages même si elle vibre un peu... C'est une Ducati ! On atteint relativement facilement la partie haute du compte-tours, où la coupure de l'allumage se trouve au dessus de 7500 tr/min. Il n'est pas nécessaire de monter plus haut dans les tours pour exploiter le meilleur parti de ce vieux Desmodue, il est plus agréable et efficace de rouler à moyen régime. Sur route sinueuse, on peut rouler assez vite et avec la situation sous contrôle, sans nécessairement dépasser les 8000 tours par minute...

Personnalité

Le système de freinage avec ABS agit seulement dans les cas extrêmes, et les impulsions du levier de frein arrière sont notables. Mais l'ensemble de freins est efficace à l'avant. Le freinage des Brembo est puissant et dosable, avec un tact progressif et agréable. Je l'ai trouvé très correct pour l'utilisation que l'on donne à une Monster, et je considère qu'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir un équipement comme celui de la Streetfighter et son répondant brutal, propre à une moto de circuit.

Sur autoroute, sa protection aérodynamique est presque nulle malgré la bulle, qui me semble esthétiquement bien conçue.

En roulant à partir de 120 km/h à 4200 tours et en accélérant pour dépasser une voiture ou uniquement sur le plaisir, la récupération du bicylindre est excellente, malgré les vibrations que l'on sent sur le guidon.

La consommation moyenne est de 5,7 litres aux 100 km, ce qui nous donne une autonomie d'environ 250 km. Ce n'est pas beaucoup, mais sincèrement je crois que c'est plus que ce qu'un conducteur normal peut supporter sur une Monster sans faire un arrêt... Cette version Evo, avec sa sportive bande blanche héritée de l'ancienne S4R, est une moto avec la personnalité esthétique des Monster, mais avec un équipement électronique simple qui permet d'ouvrir un peu plus l'éventail d'utilisateurs. La Monster poursuit son histoire.

Traduit et adapté de SOLOMOTO par Pauline Balluais

26/09/2011